YAGMA 2009 OU LA CELEBRATION D UN JUBILE SOUS REGIONAL
UNE FAIM PEUT EN CACHER UNE AUTRE
Au cours de la messe du pélérinage national et de la célébration des 25 ans de la Fondation Jean-Paul II pour le sahel à Yagma, l’homélie du cardinal Roger Etchegaray s’est faite une interpellation de tous à s’engager pour lutter contre la faim
Le Cardinal Etchegaray et le Nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) au Burkina Faso.
Dans l’homélie que le Cardinal Roger Etchegaray a prononcée, il est revenu sur la grandeur du pélérinage de yagma. Se projetant dans l’histoire des débuts de ce grandiose site, celui qui est depuis longtemps maintenant vice doyen du collège cardinalice, a fait un vibrant hommage aux hommes et aux femmes laïcs du diocèse de Ouagadougou, qui se sont investis et engagés pour l’implantation de ce site devenu, la fierté de toute une Eglise nationale. «Ce sont ces hommes qui ont cherché ce site, qui en ont fait l’acquisition, qui ont travaillé de leurs mains pour réaliser et organiser le déroulement de la liturgie qu’il faut saluer aujourdh’hui» dit-il, introduisant son homélie. Ces hommes sont, selon le Cardinal Etchegaray,
voquant avec beaucoup d’émotion le souvenir du Cardinal Paul Zoungrana, «de vrais laïcs, des amis à coup sûr de la Vierge Marie».
Pour parler de la Fondation Jean-Paul II pour le sahal, le cardinal rappelle qu’il est important de toujours mentionner le deuxième membre de l’appellation de la Fondation «Jean-Paul II». Une des premières tâches en effet que le Pape Jean-Paul II lui a confiée lorsqu’il l’a pris du siège de l’archevêché de Marseille pour travailler dans les dicastères du Vatican, a été de mener à bien les travaux de création de la fondation naissante.
Les sahéliens doivent
s’approprier leur Fondation
Il avait compris combien cette fondation tenait à coeur le pape et c’est ainsi qu’il s’y est donné avec beaucoup d’abnégation. Ne manquant pas d’humour, il affirmera que c’est dans ce travail d’échaffaudage de la fondation, qu’il est devenu africain et avant tout Burkinabè. L’ancien archevêque de Marseille insiste sur la responsabilité des sahéliens bénéficiaires de la fondation. «
La lutte contre la sécheresse dépend en grande partie de vous. J’ai assisté à bien des congrès qui ont cherché la solution contre les difficultés du sahel. On a tout mis en oeuvre. La science comme la technique ont été prises en compte et ont joué leur partition; mais tout a echoué. Tout est à recommencé. Pour vous qui célébrez 25 ans de votre fondation, il vous revient de donner à ces peuples nomades et agriculteurs, la conviction que l’on peut vivire ici sans s’exiler» martèle le cardinal avant d’ajouter que« la lutte contre la faim est une nécessité» . Le plus grand mal dont souffre encore l’humanité, poursuit celui qui est à son troisème séjour au Burkina, est la faim. Il est aussi le plus grand scandale comme les médias en débalent le spectacle quotidiennement, nous donnant à voir qu’«une faim chasse l’autre dans l’oubli». La faim relève le cardinal, est le scandale d’un échec qui est une honte pour l’humanité tant il est vrai que «la consommation des uns se nourrit de la sous-consommation des autres». Chacun de nous peut faire quelque chose contre la faim et contre la sécheresse, et il faut y croire.
Jokinda